Celle qui enchante la réalité
 
Comme toujours avec Bernadète, le rêve passe par là : les corps se fondent et s’envolent, la peau sensible se mue en peau de l’âme, s’élève dans les airs et fond vers le sol sous la forme d’une magnifique grue cendrée, repart, plonge à nouveau, au gré d’un tournis d’images, d’un imaginaire qui se déploie. Et puis soudain elle revient au réel, au plus quotidien du quotidien, aux histoires que l’on se raconte entre femmes au coin du feu ou de la rue, entre copains, copines, autour d’un verre ou d’un morceau de gâteau.
 
Avec Bernadète Bidaude, les images poétiques sont infinies, on les gobe et on s’en saoule. Elle ne se contente pas de les dire, elle les danse, les manipule, les chante. Elle brode des couplets, s’immobilise dans la lumière, et puis repart, tourne et retourne au gré des mots et des histoires.
On vit avec elle un moment de jubilation intense, on flotte entre deux airs, entre deux eaux, enveloppé de chuchotements et de mystères. On est à la fois l’enfant qui découvre et l’adulte qui sait, à fleur de peau et tout au fond, lumière et ombre, présence et secret.
 
Yvette Lucas- Le blog culturel des PO

Frissonnante et secrète
  
Le talent de la conteuse sait ourler la confidence quotidienne d’une jolie broderie de mots, faire passer le souffle des grands vents de la montagne dans des têtes qui n’avouent pas leurs rêves, taper si fort les mottes neigeuses qu’elle y fait surgir la mer et ses bateaux. Petites jalousies, amours étouffées, rencontres insolites et parcours routiniers, elle agence cela dans des chuchotements tournoyants, des chansons en forme de refrains. Ce petit monde aux allures endormies bouillonne ardemment dans ses tréfonds, regarde fasciné les enjambeurs de montagnes. Il ressuscite les vieilles résistances, qu’il confie aux rêveurs et rêveuses des temps nouveaux, aux amoureux désespérés et heureux s’envolant dans l’éternité.
Bernadète Bidaude, assistée par les lumières de Jessy Ducatillon, embarque son public dans un voyage onirique envoûtant. Tout le monde sait bien que les conteuses sont des ensorceleuses.

Yvette Lucas - Le blog culturel des PO